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Les Spectacles de la Foire.
(22 avril 1780); Iris dans Vénus pèlerine, comédie de Robineau de Beaunoir (24 avril 1780); et le principal personnage dans le Chasseur anglais, grande pantomime à machines (23 juillet 1780). Au mois de mai de l'année 1781, Mllc Masson était rentrée au théâtre de l'Ambigu-Comique. La fin de sa carrière fut bien triste ; Brazier nous dépeint en ces termes la profonde misère où elle était tombée au commencement de ce siècle. « Une actrice nommée Louise Masson vint jouer chez Audinot la Belle au bois dormant, deux cents représentations ne suffirent pas pour rassa­sier le public. La cour et la ville, comme on disait alors, voulurent voir cette actrice extraordinaire; les journaux du temps assurent que cette demoiselle Masson était d'une beauté remarquable. Elle reçut les hommages de tout ce qu'il y avait d'aimable et de riche à Paris. Elle dissipa en folles dépenses des sommes considérables, et, après avoir passé par tous-' les degrés de l'infortune, je l'ai vue, moi, je l'ai vue en 1803, pauvre et misérable, affublée d'une robe de gaze en hiver, chanter avec un ancien comédien de province, sur ce môme boulevard, témoin de ses triomphes, les duos du Tableau parlant et de B/aise et Babet. Tous deux faisaient des gestes, des agaceries comme s'ils eussent encore été sur un théâtre. Quand la scène étoit jouée, le vieillard faisait humblement la quête en disant : « Messieurs, ayez pitié de Mllc Louise Masson « qui a fait courir tout.Paris dans la Be//e au bois dormant! » Ce spectacle faisait peine à voir et j'ai souvent senti mes yeux humides en déposant ma» modeste offrande dans la petite tasse de porce­laine. »
(Almanach forain, 1776. —Journal de Parit, 22, 24 avril ; 23 juillet 1780. — Bra:.cr , Hiltoire des Perils Théâtres, I, 178.)
Lundi 3 juillet 1780, 8 heures du foir.
Charles Suti, iergent de la divifion commandante, vient de ramener des prifons du For-I'Évêque, Joféphine Manon, actrice de Nicolet, qui y avoit été détenue en vertu des ordres de M. le Lieutenant général de police; comme elle n'étoit pas dans un tems heureux, elle a effuyé une révolution qui l'a jetée dans un état de fpafmodie étonnant et elle ed tombée dans des coavulfions et des évanouiffemens confidérables. Pourquoi nous l'avons fait